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  • Aude NAZEYROLLAS

Trouver sa juste place

Mis à jour : janv 5

Dans tout conflit ou du moins problème relationnel entre deux personnes, chacun des deux a toujours sa part de responsabilité. Certes ce n’est pas toujours aisé de reconnaître la nôtre : rendre l’autre responsable de tous ses maux est bien plus facile et nous évite de nous renvoyer à nos propres parts d’ombre et nos limites. Il est pourtant fondamental que chacun assume sa part pour pouvoir en tirer une expérience et avancer.


C’est à partir de ce constat que je me suis interrogée sur la relation entreprise – collaborateur. Dans cette fracture qu’est l'épuisement professionnel, voire le burn-out, qu’est-ce qui diffère d’une relation à l’autre ? Au lieu de deux personnes, il s’agit d’une personne et d’une organisation. Mais finalement quelles différences ?

Un très grand nombre d’articles et d’ouvrages abordent ce sujet.



La responsabilité des organisations est pointée du doigt et les facteurs de stress sont clairement définis et connus aujourd’hui : l’organisation du travail avant toute chose, engendrant souvent une surcharge de travail (départs non remplacés, développement des périmètres sans mise en adéquation des moyens...), et tout ce qui en découle.

Mais aussi le manque de sens, de reconnaissance, l’écart entre travail prescrit et le travail réalisé, le conflit de valeurs, la déshumanisation du management, parfois des comportements déviants…

Nous pourrions en citer de nombreuses autres.

Pour autant, nous sommes nombreux à subir ces contraintes sans que cela nous conduise tous à l’épuisement.

Aujourd’hui le 'profil type' des victimes de burn-out est connu : un niveau d’exigence élevé, une tendance au perfectionnisme, une forte implication au travail, une remise en question quasi-permanente, un manque de recul, un oubli de soi et de ses valeurs… peut-on se contenter de ces caractéristiques comme seules explications ?

J’ai échangé avec de nombreuses personnes ayant vécu un syndrome d’épuisement professionnel ou un burn-out, et j’ai constaté qu’elles avaient toutes un point commun.

Toutes, sans exception, ont changé de métier après leur effondrement.

Plus qu’un simple changement, toutes ont effectué un réel virage professionnel.

Toutes ont mené une réflexion personnelle (souvent accompagnée par un professionnel) qui a les amenées à comprendre qu’elles n’étaient pas à leur juste place.

Toutes se sont interrogées et recentrées sur leurs envies profondes et se sont lancées dans des projets correspondant à leurs valeurs.

L’une, cadre supérieure dans la finance, est devenue naturopathe.

L’autre, médecin généraliste, est devenue sophrologue. Une troisième, cadre RH, s’est tournée vers la relation d’aide.

Et encore un autre, informaticien, est devenu moniteur de moto-école.

Et la liste est longue!

Car c’est bien ce conflit de valeurs entre la place qu'on occupe et celle qu'on aimerait avoir qui nous mène à la rupture, sans que cela ait nécessairement franchi la barrière de notre conscience.

J'anime régulièrement des ateliers de sensibilisation sur différents thèmes liés à la Qualité de Vie au Travail (communication, gestion du stress, management, gestion du temps…). J'ai fini par comprendre que la plus belle action de prévention des risques psychosociaux que je pouvais proposer était finalement d’amener les participants à s’interroger sur leur propre place, ici et maintenant.

De quoi rêvais-je quand j’étais enfant ? qu’est-ce qui me rend vraiment heureux ? quelles sont les valeurs qui me sont chères ? quelle empreinte je veux laisser de moi ? etc.

Nous avons mille et une raison de nous égarer sur le chemin. De nous décentrer, de nous éloigner de notre vraie personnalité, de nos envies profondes. Les opportunités, le regard des autres, les difficultés quotidiennes, le poids social…. la vie, quoi !

Mais n'oublions jamais que nous avons tous en nous les ressources pour 'reprendre la main' sur nous-mêmes, dépasser nos peurs, développer notre confiance en nous et (re)devenir qui nous sommes ! 😊

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